29.07.2009

The sound of music

Récemment, j'ai vu "La Mélodie du Bonheur".

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Oui je sais, l'une des plus célèbres comédies musicales du cinéma américain. Mais je ne suis pas très branchée comédie musicale.

Je vous explique mon trauma en deux mots :

J'ai 6 ans, la rougeole et une fièvre de cheval. Je suis une petite fille modèle aux cheveux bouclés de Barbie qui ne regarde jamais de films mais qui est élevée aux dessins animés girly dans son biberon. Pour m'occuper et me faire oublier que je suis trèèèèèès malade et rouge de partout, Maman-compatissante sort un après-midi, me laissant me légumer sur le petit canapé orange années 80 du salon.

Et revient quelques instants plus tard, brandissant fièrement un 33 tours attrayant, (= ancêtre du CD perfectionné, pour celles qui auraient juste atteint leur majorité.) qui s'accompagne d'un grand livre d'images pour suivre le son, qu'elle me qualifie de jolie "comédie musicale", nouveau mot pour moi, qui plait selon ses dires à tous les petits enfants ! Aux premières images, je fais la moue, tire la langue, sent la fièvre monter.

Au bout d'une demi-heure, je pleure carrément. Je n'aime pas ce dessin animé qui n'en est pas un, ce ne sont pas des dessins, ce sont des photos d'un film pour adultes, ce n'est pas romantique pour deux sous, ça montre une princesse qui n'en est pas une monter dans le ciel avec un moche parapluie et un prince qui n'en est pas, tout noir de suie !

Maman, dépitée, ramène le disque et revient, encore plus dépitée, avec "La Belle au Bois Dormant". Coup de foudre absolu, pour longtemps. Et aversion définitive pour "Mary Poppins". 

Revenons à nos moutons.

Un jour, y'a pas longtemps, un déclic, le DVD sur un rayon, presque donné, une envie de rêver au cinéma d'antan, si esthétique, à l'époque où les Américains étaient les rois bien mérités du 7ème art. Leur talent depuis a bien décliné à mes yeux.

Et comme toujours quand je visionne un film qui a contribué à la légende américaine, j'ai été sous le charme. Totalement. Du début à la fin.

Sous le charme de Maria, qui semble d'abord un peu simplette avec ses chants et ses sauts de cabri.

Au fil des images, Maria fait rire, pleurer, on la trouve jolie, puis belle, on s'attendrit sur ses espoirs et ses doutes, sur ses peurs et ses battements de coeur effarouchés.

On l'envie quand elle gagne celui du capitaine, un Christopher Plummer si sexy qu'on en oublie nos godelurons d'aujourd'hui !

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On s'émeut devant les enfants, que l'on s'imaginait d'abord comme des clones de Shirley Temple. Surannés. Ringards. Clichés. 

Surprise ! On leur reconnait une vraie personnalité, une présence du début à la fin, ils font littéralement le film à eux sept !

De la plus petite, l'adorable Gretl, à la plus grande, la ravissante Lisl, ce qu'on croit être une bande de sales gamins mal élevés se révèle une fratrie attachante, pleine de bonne volonté et de bons sentiments, qui ne demande qu'à être aimée d'une nouvelle maman, et sur laquelle on ne peut que craquer !

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On fond, évidemment, sur le capitaine Von Trapp, sex-symbol de toute une génération ! Sur ses airs d'ancien officier de marine mal léché, qui mène sa maison à coup de sifflets et de saluts militaires, qui courtise une baronne pour la forme mais qui plie sans s'en rendre compte sous la ferme douceur d'une Maria irrésistiblement spontanée ! 

Un foyer qui a perdu la présence maternelle, des enfants qui adoptent avec enthousiasme celle qui les fait rire à nouveau, un veuf qui n'est plus inconsolable et qui transforme du jour au lendemain la gouvernante inexpérimentée en épouse impeccable et bienveillante, le tout ponctué par des chants entrainants qu'on a encore envie de fredonner quand le mot "The End" apparait.

La "Mélodie du bonheur", c'est tout ça.

Mais pas que.

Derrière le décor hollywoodien, on comprend, à des allusions à peine voilées, que l'action se déroule peu avant la Seconde Guerre Mondiale. C'est le moment de l'Anschluss. Et l'on perçoit en frissonnant, le coeur serré, les débuts d'une effroyable tyrannie allemande. Face à elle, la résistance persécutée. La fuite pour toute issue. L'exil.

C'est sur l'admirable chanson Edelweiss que s'expriment le patriotisme, la clairvoyance et la droiture de l'Autrichien qui refuse le nouveau régime nazi.

En résumé, un film devenu mythique qui mérite ses Oscars. Et dont l'air reste très longtemps en tête ! 

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