20.11.2009
La lune mais pas le miel...
Alors voilà.
Comment dire ?

Veni, vidi, vici ?
Non justement, pas vici.
Parce que moi pas avoir été convaincue par ce New Moon honteusement gâché. Cause : changement de réalisateur.
Oserais-je asséner que "Weitz n'a rien compris" ?
Je m'étais promis de ne rien dévoiler ici, de ne pas développer, ni épiloguer sur quelque chose qui n'en vaut pas vraiment la peine.
Au final, un film complètement commercial.
Valeur sûre pour midinettes hystériques de moins de 13 ans et demi ? Jacob le loup-garou surprotéiné à l'héliotrope. C'est lui qui assure le show, sans le tee-shirt s'il vous plait, pendant les trois-quart de la séance.
Pour le reste ? ça brille beaucoup. Trop.
Et ça fronce les sourcils à s'en décrocher une ride du lion précoce.
Commercial jusqu'à la dernière réplique...
Echec et mat, Weitz.
La bonne surprise ? Oui, parce que quand même, il y en a une.
Les magnifiques prises de vue de Montepulciano, lieu du tournage, qui se confondent avec Volterra, la patrie des zombies aux pupilles rouges. Volterra, capitale méconnue de l'Etrurie il y a 2500 ans, et qui aurait pu rester la ville la plus puissante d'Italie, si Romulus n'avait pas fondé Rome et si ses voisins les Etrusques, urbanistes visionnaires, n'avaient pas décidé de déserter leur terre pour participer à la construction de la Ville Eternelle...
Seconde surprise, tout aussi bonne : le repère des Volturi est en fait le Panthéon Romain !! Et ça, c'est un super bon choix Weitz. Parce que dans quatre mois, j'ai 45 ados excités à traîner partout dans Rome moi, et l'excursion au Panthéon va tout de suite s'avérer beaucoup plus motivante pour eux, je le pressens...
Echec mais pas mat, Weitz.
19:24 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16.11.2009
Parenthèse
Une semaine de pause, c'est un luxe énorme dans ma vie tragiquement, comiquement, survoltée et surbookée !
Même si cette semaine est avant tout professionnelle, la passer à Paris rend les choses plus faciles et plus agréables.
Les fins d'après-midi et les soirées seront consacrées à la détente, au plaisir sous toutes ses formes, au shopping, à l'amitié, à la gastronomie, à la découverte...
Prendre le temps d'enfiler de jolis habits tout neufs, comme une chiquissime jupe noire en velours et soie Chattawak, un vertigineux tee-shirt rouge sang aux manches victoriennes baptisé si justement Opéra, de chez l'inégalable Comptoir des Cotonniers, et parer mes oreilles de perles volées à la fameuse Jeune Fille de Johannes Vermeer...
Fêter un anniversaire aussi. Le mien, jeudi.
Découvrir une Nouvelle Lune surtout, qui viendra participer à ma pause-récréation-romantique en plein coeur de l'automne.

Bonne semaine à toutes !!
07:00 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20.09.2009
"La plus belle victoire est de vaincre son coeur" La Fontaine
Héritage d'un homme sans équivalent dans l'Histoire, le château de Vaux-le-Vicomte est incontournable pour qui souhaite mieux comprendre le roi du Grand-Siècle, mais aussi le propriétaire imprudent de ce délicieux domaine.

Fouquet contre Louis ?
Fouquet pour Louis. Plutôt. Ce que le roi n'a pas compris.
Quand on enseigne les "Lettres", une sortie à Vaux représente à chaque fois la finalité de tout un projet mis en oeuvre. La récompense d'une préparation théorique, à l'aide de supports littéraires soigneusement choisis.
Un livre d'abord, qui mêle les amis de toujours, Molière, La Fontaine, Racine, Boileau, Mme de Sévigné, et qui décrit à des jeunes lecteurs d'aujourd'hui le faste d'une nuit enchantée, celle qui signa l'arrêt de mort de Nicolas Fouquet.

Un film aussi, qui mêle les mêmes amis sous la bannière du fabuliste, celui qui résista un temps aux sirènes du pouvoir, celui qui se servit de "la plume comme d'une épée et de l'encre comme son venin", pour défendre le condamné si injustement accusé.

Un texte célèbre, presque une plaidoirie, qui s'adresse à l'infortuné au fond de sa triste prison, mais qui sera envoyé au Roi, pour le toucher, lui faire comprendre qu'il gagnerait en grandeur s'il dépassait son orgueil.
"Nymphes, qui lui devez vos plus charmants appâts,
Si le long de vos bords Louis porte ses pas,
Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage.
Il aime ses sujets, il est juste, il est sage ;
Du titre de clément, rendez-le ambitieux :
C'est par là que les rois sont semblables aux dieux.
Inspirez à Louis cette même douceur :
La plus belle victoire est de vaincre son coeur."
Jean de la Fontaine, Elégie aux Nymphes de Vaux
Des lettres enfin, celle de l'amie fidèle, la marquise de Sévigné, qui raconte au jour le jour le procès du Surintendant des Finances.
Et L'Histoire révèle alors une partie de ses secrets, l'émouvant mouvement de soutien à l'une des premières victimes du Grand Roi, sur lequel l'épisode malheureux de la Fronde, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, avait laissé un souvenir si traumatisant qu'il s'était juré, petit roi de 13 ans, d'éliminer tous ceux qui, à l'avenir, s'opposeraient à lui.
Nicolas Fouquet, pour avoir voulu recevoir le roi dans une demeure plus somptueuse que la sienne, en paya le prix.

Ont été tournés à Vaux, parmi bien d'autres films :
- Jean de La Fontaine
- L'allée du Roi
- L'homme au masque de fer
- La fille de d'Artagnan
- La Folie des Grandeurs
- Le Pacte des Loups
- Le Roi Danse
- Les aristos
- Les mariés de l'an II
- Les visiteurs 2
- Marie Antoinette
- Marquise
- Molière
- Moonraker
- Ridicule
- Valmont
- Vatel
- Vidocq
12:17 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06.09.2009
"J'ai failli te dire je t'aime !"
J'ai terminé hier la série de mes mariages de l'année ! Trois d'un coup ça ne m'était encore jamais arrivé.
Je n'ai pas encore déchargé mon numérique, donc point de belle robe de princesse vous ne verrez aujourd'hui. Je tiens juste à souligner que cette mariée était la plus belle à mes yeux, parce que la plus traditionnelle, avec tout ce que ça implique, et que ça devient si rare aujourd'hui que j'ai beaucoup apprécié. Bon, faut dire aussi que je l'ai aidée à choisir sa robe, alors forcément je ne pouvais qu'aimer !!
Pas de compte-rendu de mariage donc, mais un compte-rendu d'un autre genre, qui touche pourtant au même sujet : l'amour mesdames !

Ce n'est pas vraiment dans mes habitudes de parler de roman contemporain ici. Marc Lévy et Guillaume Musso me sortant par les trous des oreilles, et mon goût pour les lectures contempo n'étant pas développé, je lis très peu de livres et d'auteurs de ces dernières années.
Une lacune parfois, je passe certainement à côté de choses qui m'intéresseraient peut-être, si j'y prêtais plus d'attention.
Il y a deux jours, j'ai donc fait une exception.
Un titre accompagné d'un résumé et de critiques, lu dans la presse, m'a alertée.
Je me suis dit que ce livre-là, il fallait absolument que je le découvre.
Voilà ce que ça donne.
"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut enfin."
Ah non, ça, c'est un roman d'Aragon. Un roman que je chéris. Pourquoi ai-je aimé le livre que j'ai lu ces deux derniers jours ? Sans doute parce que son incipit aurait pu ressembler à celui, si atypique, d'Aurélien.
La première fois qu'Alessandro vit Nikki, elle l'exaspéra, parce qu'elle venait de démolir sa Mercedes avec son scooter.
Nikki passe son bac, elle vit à Rome, cité enchantée propice aux amours. C'est sans doute la 2ème raison qui m'a poussée à l'acheter ! Elle fait partie d'un groupe soudé de quatre filles.
Olly, Nikki, Diletta, Erica. Les ONDES comme elles se surnomment. Olly a peu de tabous, elle joue la nana libérée. Erica vit une histoire sérieuse avec un ado de son âge. Diletta attend en rêvant le prince charmant. Nikki a quitté son bellâtre de petit ami. Elle attend l'homme de sa vie.
Elle sait que le jour où elle le croisera, elle saura.
Alessandro est le chef d'un staff publicitaire. Il est brillant, il a des idées, un peu conventionnelles certes, mais il n'a pas le temps d'être plus créatif. Il est "chef". C'est ainsi qu'on le nomme. Ou "boss". Il vient de se faire plaquer par sa fiancée, Elena. Il essaie de garder la tête hors de l'eau.
Il y a Enrico, Pietro et Flavio, ses meilleurs amis. Tous mariés. Et plus ou moins convaincus de l'être. Il y a Susanna, Camilla, Cristina, leurs femmes. Du temps où il y avait Elena, ils sortaient à quatre couples. Le quatuor est cassé, mais les garçons restent soudés.
Nikki aime le surf et le basket, philosopher en passant du coq à l'âne, elle déteste les maths. Elle a des idées, des vraies, parce qu'elle est créative et qu'elle prend le temps de l'être.
Quand Nikki se retrouve sur le pare-brise d'Alex, elle sait que quelque chose d'important vient de tomber dans sa vie. Et pas seulement son scooter inutilisable. Elle le sait, c'est inexorable.
Alex, lui, ne le sait pas encore. Il réfléchit moins vite que Nikki. Mais il le comprend le lendemain, après avoir passé l'après-midi entière avec la jeune fille.
Et il en devient un peu plus certain à chaque fois que Nikki l'appelle pour passer un moment avec lui.
Il se dit juste qu'il existe un léger, oh très léger problème à tout ça, que la lycéenne ne semble pas comprendre.
Hormis les réticences de leur bande respective, qui traite l'une de "jeunette au cul d'enfer" et l'autre de "vieux sexy au portefeuille alléchant". Ce problème-là peut se gérer.
L'autre, qui s'appelle "parents", sans doute moins.
Il a 37 ans. Nikki 17. Les ennuis commencent...

Un pas en avant trois pas en arrière pour lui, qu'elle surnomme "le glaçon", naturel et spontanéité pour elle, qu'il rebaptise "fille aux jasmins"... Pour s'entendre dire les mots dont elle rêve en secret, Nikki s'essaie à la femme fatale sans en maîtriser les codes, Alessandro tente de calmer le jeu, sans conviction.
Les règles ne sont plus les mêmes, aucun des deux ne les connait. Ils inventent un nouveau mode d'emploi. Elle déteste la jalousie, elle la découvre. Il ne se croyait pas jaloux, il se découvre. Et chacun va beaucoup apprendre de l'autre.
Deux mondes qui se mélangent, deux générations qui s'attirent sans pouvoir s'empêcher, de temps en temps, d'inverser les rôles, pour jouir du plaisir de l'interdit.
Séjour romantique à Paris en robe de starlette, elle oublie qu'elle n'est pas encore adulte. Journée de folie à Disneyland en jean et baskets, il oublie qu'il l'est trop.
"Je dois réviser... Je dois travailler..."
Leitmotiv fait pour leur rappeller l'obstacle, avec un grand O.
Mais au final, qui est vraiment l'adulte, qui est l'ado ?
La question demeure en suspend jusqu'à la fin, pour se dissoudre au dernier chapitre, en élevant le sujet au-delà des conventions. En fin de compte, est-ce si important d'y trouver une réponse ?!
Pulvérisant les lectures plates et sans originalité qui foisonnent sur les étals des librairies, le livre de l'Italien Federico Moccia est succulent.
800 pages qu'on dévore, sans pouvoir se résoudre à corner une page pour refermer le livre. Je l'ai lu en deux soirs, ou plutôt deux nuits !
Savourez-le comme un plat de lasagnes au parmesan, piazza Navona. Vous en ressortirez l'estomac plus léger.
Et le coeur content !
Pour info, ce coup de foudre à l'italienne a été adapté dans son pays d'origine sous le titre : "Scusa ma ti chiamo amore !" Et franchement, vu les acteurs choisis, on se dit au diable la différence d'âge !!

13:53 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
31.08.2009
Mission Florimont !
Si vous êtes Parisien, Parisienne ou simple touriste le temps d'un week-end...
Si vous avez le blues, que tout vous semble triste et noir...
Si la rentrée vous déprime...
Oyez oyez braves gens ! comme le chante si joliment la seule comédienne de la pièce, filez au théâtre Tristan Bernard, dans le très chic 8ème arrondissement, et partagez l'hilarité de la salle entière devant :

Le roi de France François Ier, qui vous accueillera d'un gentil bonjour à la Ségolène Royal, a bien des soucis. Il doit convaincre le grand Soliman le Magnifique qu'il souhaite une alliance entre l'Orient et l'Occident, pour mieux contrecarrer son ennemi juré Charles Quint, grossier personnage qui parle comme un charretier.
Pour ce faire, François Ier a besoin de l'aide de ses fidèles agents. Hélas, tous ont été occis, et seuls leurs testicules lui sont revenus à l'état de bonzaï !
François Ier n'a plus le choix : il doit faire appel à un sujet qui l'idôlatre, le jeune et délicat chevalier Florimont.

Florimont est sieur de la Courneuve, charmant petit village au patois pittoresque, qui n'est plus malheureusement parlé que par les ancêtres. Echantillon : "kiffe sa race nique ta mère !" Florimont, prof de lettre au coeur de ce charmant village de la Courneuve, se désole de la disparition de ce patois si fleuri. S'il est flatté par l'ordre de son roi, Florimont part cependant à contre-coeur, car point de courage il n'a.
Sur le chemin de Constantinople, sur son preux cheval blanc Jean-Christophe, Florimont va rencontrer mille embûches. Dont la plus dangeureuse de toutes : une femme, belle et bien montée, qui cherche à lui voler son ordre de mission, tout en le séduisant sournoisement.
Pour lui : 3 petites graines magiques léguées par son père, qui l'aideront à venir à bout de ses ennemis.
Contre lui : des espions nourris de Derrick et de Colombo et des soldats issus des frères Dalton.
Couleur historique teintée de mille références contemporaines, renouant avec la chanson de geste grâce à la musique médiévale et à la superbe voix lyrique de la miss Margot "à la gorge profonde", Mission Florimont est dans la veine des "Monty Python" et des "Visiteurs" !
On rit, énormément. Parce que l'ambiance est bon enfant et que la troupe d'à peine 5 comédiens pour 150 rôles s'amuse comme des ados déjantés !

Et puis surtout, en guest star, un pape Clément VII inoubliable.
Fascinant.
A s'en faire pipi dans la culotte.
Un pape rock'n roll qui surgit sur scène au son de l'immense clameur de ses fans, mèche rebelle, chewing-gum en bouche, pendentif dollar ultra-bling bling et montre Rolex. Et finalement sexy du tonnerre de Dieu !!!
Foi de Florimont de la Courneuve, vous n'oublierez pas de sitôt les larmes de rire qui vous auront secoué le temps de cette mission rocambolesque ! Mais ce qui est certain, c'est que tout votre spleen aura disparu !!

21:54 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.08.2009
"Contons, mais contons bien !" La Fontaine
La Fontaine fait partie de mes chouchous.
Depuis toujours.

La diversité d'interprétation de ses apologues, sur lesquels peu de lecteurs réfléchissent et se questionnent, m'a toujours enchantée.
Que penser de la plus élémentaire, de la plus basique de ses fables, de celle qu'on apprend en premier, dès le primaire ?
Que penser de La "Cigale et la Fourmi", en effet, quand on comprend que l'auteur ne célèbre en rien l'esprit de prévoyance, d'anticipation et d'économie de la fourmi face à la cigale, mais au contraire dénonce son manque de charité, la première des vertus de l'honnête homme, au temps du roi-Soleil ?
Alors, quand on découvre, au hasard d'une lecture ou d'une recherche, son ouvrage le plus sulfureux, censuré dès sa parution, on est en plein ravissement !
Du hard, certes non.
Mais des délices du péché de chair, doublement oui !

18:45 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : fables, la fontaine, érotisme
29.07.2009
The sound of music
Récemment, j'ai vu "La Mélodie du Bonheur".

Oui je sais, l'une des plus célèbres comédies musicales du cinéma américain. Mais je ne suis pas très branchée comédie musicale.
Je vous explique mon trauma en deux mots :
J'ai 6 ans, la rougeole et une fièvre de cheval. Je suis une petite fille modèle aux cheveux bouclés de Barbie qui ne regarde jamais de films mais qui est élevée aux dessins animés girly dans son biberon. Pour m'occuper et me faire oublier que je suis trèèèèèès malade et rouge de partout, Maman-compatissante sort un après-midi, me laissant me légumer sur le petit canapé orange années 80 du salon.
Et revient quelques instants plus tard, brandissant fièrement un 33 tours attrayant, (= ancêtre du CD perfectionné, pour celles qui auraient juste atteint leur majorité.) qui s'accompagne d'un grand livre d'images pour suivre le son, qu'elle me qualifie de jolie "comédie musicale", nouveau mot pour moi, qui plait selon ses dires à tous les petits enfants ! Aux premières images, je fais la moue, tire la langue, sent la fièvre monter.
Au bout d'une demi-heure, je pleure carrément. Je n'aime pas ce dessin animé qui n'en est pas un, ce ne sont pas des dessins, ce sont des photos d'un film pour adultes, ce n'est pas romantique pour deux sous, ça montre une princesse qui n'en est pas une monter dans le ciel avec un moche parapluie et un prince qui n'en est pas, tout noir de suie !
Maman, dépitée, ramène le disque et revient, encore plus dépitée, avec "La Belle au Bois Dormant". Coup de foudre absolu, pour longtemps. Et aversion définitive pour "Mary Poppins".
Revenons à nos moutons.
Un jour, y'a pas longtemps, un déclic, le DVD sur un rayon, presque donné, une envie de rêver au cinéma d'antan, si esthétique, à l'époque où les Américains étaient les rois bien mérités du 7ème art. Leur talent depuis a bien décliné à mes yeux.
Et comme toujours quand je visionne un film qui a contribué à la légende américaine, j'ai été sous le charme. Totalement. Du début à la fin.
Sous le charme de Maria, qui semble d'abord un peu simplette avec ses chants et ses sauts de cabri.
Au fil des images, Maria fait rire, pleurer, on la trouve jolie, puis belle, on s'attendrit sur ses espoirs et ses doutes, sur ses peurs et ses battements de coeur effarouchés.
On l'envie quand elle gagne celui du capitaine, un Christopher Plummer si sexy qu'on en oublie nos godelurons d'aujourd'hui !

On s'émeut devant les enfants, que l'on s'imaginait d'abord comme des clones de Shirley Temple. Surannés. Ringards. Clichés.
Surprise ! On leur reconnait une vraie personnalité, une présence du début à la fin, ils font littéralement le film à eux sept !
De la plus petite, l'adorable Gretl, à la plus grande, la ravissante Lisl, ce qu'on croit être une bande de sales gamins mal élevés se révèle une fratrie attachante, pleine de bonne volonté et de bons sentiments, qui ne demande qu'à être aimée d'une nouvelle maman, et sur laquelle on ne peut que craquer !

On fond, évidemment, sur le capitaine Von Trapp, sex-symbol de toute une génération ! Sur ses airs d'ancien officier de marine mal léché, qui mène sa maison à coup de sifflets et de saluts militaires, qui courtise une baronne pour la forme mais qui plie sans s'en rendre compte sous la ferme douceur d'une Maria irrésistiblement spontanée !
Un foyer qui a perdu la présence maternelle, des enfants qui adoptent avec enthousiasme celle qui les fait rire à nouveau, un veuf qui n'est plus inconsolable et qui transforme du jour au lendemain la gouvernante inexpérimentée en épouse impeccable et bienveillante, le tout ponctué par des chants entrainants qu'on a encore envie de fredonner quand le mot "The End" apparait.
La "Mélodie du bonheur", c'est tout ça.
Mais pas que.
Derrière le décor hollywoodien, on comprend, à des allusions à peine voilées, que l'action se déroule peu avant la Seconde Guerre Mondiale. C'est le moment de l'Anschluss. Et l'on perçoit en frissonnant, le coeur serré, les débuts d'une effroyable tyrannie allemande. Face à elle, la résistance persécutée. La fuite pour toute issue. L'exil.
C'est sur l'admirable chanson Edelweiss que s'expriment le patriotisme, la clairvoyance et la droiture de l'Autrichien qui refuse le nouveau régime nazi.
En résumé, un film devenu mythique qui mérite ses Oscars. Et dont l'air reste très longtemps en tête !

19:40 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
25.03.2009
Au temps de la comtesse de Ségur...
Jusqu'au 29 avril, au Musée Galliera, vous pouvez admirer des robes qui auraient fait pâlir d'envie Camille et Madeleine de Fleurville...

L'exposition Sous l'Empire des Crinolines rassemble les toilettes, accessoires, brodequins, fichus, minaudières des dames de la cour d'Eugénie de Montijo, seconde impératrice des Français.
Constituée en 3 actes, le Bal d'abord, la Vie quotidienne ensuite, le Luxe enfin, l'expo vous fait voyager au temps des silhouettes tout en volumes héritées de Marie-Antoinette, une influence de taille dans la mode propre à Eugénie !
Entre les premiers grands magasins, les expositions universelles, les débuts de la Haute-Couture se croisent des poupées en cire habillées comme des dames, des photographies et des portraits des membres de la cour impériale, des nécessaires de voyages et des colliers ruisselant de diamants.
Courez-y, et rêvez comme moi aux petites filles modèles !

14:41 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
20.03.2009
Loin de la terre brûlée
Dans le désert du Nouveau Mexique, une caravane explose mystérieusement.
A l'intérieur, une mère de famille et son amant.
A l'enterrement de l'homme, ses deux fils affrontent les enfants de la femme.
Le garçon de l'un et la fille de l'autre se rapprochent, se fréquentent, en cachette. Leur relation a un goût d'interdit.
15 ans plus tard, à Portland. Une jeune femme évolue avec aisance dans un restaurant chic, en robe portefeuille fluide et ballerines. Son service terminée, elle accepte les avances de tous les hommes qui l'approchent. Elle les consomme sans s'attacher.
Nouveau-Mexique, 15 ans plus tôt. Deux adolescents bravent l'interdit et s'enfuient ensemble. Elle est enceinte, mais ne peut se résoudre à élever son enfant, la faute qu'elle porte en elle et que personne ne connait la ronge et l'en empêche. Elle l'abandonne à son amant et disparait.
Portland, 15 ans plus tard. Une jeune femme en robe portefeuille fluide et ballerines ne peut plus fuir son passé quand une adolescente débarque dans sa vie, le regard plein de reproches.

Charlize Theron, sublime, Kim Basinger, bouleversante, et entre elles, qui assure le lien entre l'adolescente coupable et la jeune femme perdue, Jennifer Lawrence, une révélation !
Une nouvelle fois, Guillermo Arriaga, auteur de Babel et 21 Grammes, signe un scénario magnifique, touchant, profond.
L'attente de sa sortie en DVD va être longue...
10:01 Publié dans L'esprit du boudoir | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
18.03.2009
L'aventure de Madame Muir
Angleterre, XIXème siècle.
Lucy est jeune, belle, veuve, maman d'une petite Anna et coincée entre sa belle-mère et sa belle-soeur dans une ville où elle étouffe.
Elle décide de tout quitter, se mettant à dos ses deux parentes, et part en Cornouailles. Là-bas, elle visite une maison sur la côte, face à la mer.
Sans savoir pourquoi, la maison l'intrigue et l'attire. Elle apprend que les locataires précédents se sont succédés les uns après les autres, sans rester plus de deux jours dans la demeure.
Lors de la visite, Lucy découvre le portrait de l'ancien propriétaire, un Capitaine de la marine. Puis, subitement, elle ressent une présence, presque surnaturelle. Loin d'en être effrayée, elle décide d'acheter la maison sur un coup de tête.
Mais un soir, Lucy le voit. Il lui apparait si nettement qu'il semble presque vivant.
La première frayeur passée, Lucy, fascinée, commence à entretenir avec le fantôme du Capitaine Gregg une étrange relation, d'abord conflictuelle, puis passionnée, tout en ayant conscience qu'elle est impossible.
J'ai vu ce film dans un vieux cinéma parisien, au charme rétro du début du siècle. Un ciel étoilé et des statues antiques sur les côtés, du noir et blanc et une musique hollywoodienne, le glamour et l'élégance de Gene Tierney, la virilité et la voix puissante de Rex Harrison, tout concordait à l'entourer d'un délicieux parfum de mystère et d'excitation.
Et bien évidemment, j'ai adoré.
A voir absolument, pour se souvenir de la qualité du cinéma américain d'antan !

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