03.10.2009

Up and down

Je vous avais prévenues que cette année serait pour moi très chargée.

En fait, elle est extrêmement chargée.

Et comme j'ai un million de choses à faire, à rendre, à écrire, à valider, qui touchent à des domaines très divers, de la littérature pure à l'obtention du brevet Informatique Internet, je ne peux pas continuer ici.

J'en perds d'ailleurs l'envie.

Cette semaine n'a pas été comme les autres. Elle a été très riche pour moi.

J'ai découvert beaucoup de choses, j'ai été "stimulée" et la stimulation est indispensable à ma vie. L'émulation. La motivation.

L'envie.

J'ai fait de l'envie ma politique d'enseignement.

Par obligation mais aussi par envie et par plaisir, je suis dans l'obligation d'écrire ailleurs. Pour pouvoir réussir cette année déterminante dans ma carrière professionnelle.

D'autres projets m'appellent et m'aspirent. M'inspirent, surtout.

Du concret, de l'humain, de la réflexion, de la mise en oeuvre, du questionnement, de l'échange.

Je ne ferme pas de portes ici.

Je reviendrai juste les jours où j'aurai envie

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26.08.2009

Zen avec Bach ?

Si c'est avec Jean-Sébastien, aucun doute pour moi. Depuis toute petite, il occupe une place à part dans mon coeur et dans mes oreilles, avec son copain Amadeus.

Un bain moussant avec deux gouttes d'HE de fleur d'oranger, Bach en contrefond et une bougie Dyptique à l'amande sur le rebord de ma baignoire, je suis au paradis. Ou presque.

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Et puis il y a le docteur Bach. Edward Bach.

Biologiste et bactériologiste anglais.

Après s'être amusé à identifier 38 états émotionnels négatifs, il créa une essence à base de fleurs et de plantes pour chacun d'entre eux. Chaque fleur vise une émotion spécifique. Il est recommandé de les prendre individuellement ou de les mélanger pour adapter leurs effets aux besoins du moment.  

Les fleurs de Bach sont devenues une marque qui peuple les magasins bio agréés. Malgré sa renommée, je n'avais pas encore jeté mon dévolu sur ces petits flacons qui peuvent nous aider à combattre, au choix, anxiété, mal-être, pessimisme, douleur, angoisse, tristesse etc...

Jusqu'à ce que la marque sorte un petit spray révolutionnaire conçu pour nous aider à surmonter les situations de crise, à avoir toujours sur soi, et à se vaporiser dès qu'un trouble intervient. Ni une ni deux, je l'ai cherché partout, mais épuisé partout !! Et puis ce matin, dans une parapharmacie, je vois tout un stock !

Voilà, je possède donc maintenant le petit spray miraculeux qui se glissera dans mon sac dès la rentrée. Un coup de stress dans la journée ? Pshiiiitttt.... Un coup de colère dans un cours ? Pshiiiiitttttt à la fin du cours, pour être zen au cours suivant !!!

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Il faut dire que le spray est recommandé aux personnes exerçant un métier stressant, genre "profs, médecins, avocats, policiers..." !! 

09.08.2009

Moun oustau prouvençalo

Ma maison provençale, elle se cache dans la garrigue, entre deux collines.

Entre lauriers roses qui s'élèvent jusqu'au ciel, olives vertes et raisins de la treille...

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Amo de-longo renadivo,

Amo jouiouso e fièro e vivo,

Qu'endihes dins lou brut dou Rose e dou Rousau !

Amo di seuvo armouniouso

E di calanco souleiouso,

De la patrio amo piouso,

T'apelle ! encarno-te dins mi vers prouvençau !

 

Ame éternellement renaissante,

âme joyeuse et fière et vive,

qui hennis dans le bruit du Rhône et de son vent,

âme des bois pleins d'harmonie

et des calanques pleines de soleil,

de la patrie âme pieuse,

je t'appelle ! incarne-toi dans mes vers provençaux !

Frédéric Mistral, poète provençal

 

 

 

01.05.2009

Birth

Je vous ai parlé de mes vacances au bon air, dans la campagne, en pleine garrigue, au milieu de mes animaux des collines, telle Manon des Sources sans son Ugolin.

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Et ben vous savez quoi ?

Vendredi 1er Mai, 14h30 : je viens d'accoucher ma première chèvre !

Le chevreau et la maman se portent bien, et tout le troupeau est sous le charme !

Moi, je suis toute émotionnée... 

 

27.11.2007

Je suis une héroïne, une Super héroïne

Même que c'est Lili qui le dit, alors je m'exécute. 

Quel serait votre surnom de super-héroïne? Dame Louve.

Votre super pouvoir secret? 3 : donner vie aux objets de nettoyage pour qu'ils fassent le ménage tout seuls, transplaner comme les sorciers de Poudlard et posséder une CB inépuisable.

Votre combinaison et accessoires distictifs? Une robe écarlate très baroque et relevée devant jusqu'en haut des cuisses, en-dessous un slim noir dans des bottes cavalières, une grande cape avec un grand capuchon, un éventail magique qui peut neutraliser les super-vilains.

Votre devise qui fait mouche quand vous triomphez des super-vilains? "ce que Dame Louve veut, Dieu le veut"

Que feriez-vous de vos journées si vous aviez le pouvoir de dédoublement? Je ferais le tour du monde, voyagerais dans plein de pays, découvrirais les civilisations différentes de la mienne, pendant que mon double poursuivrait ma tâche professionnelle.

Votre combat quatidien pour sauver l'humanité? tri sélectif, douche au lieu de bain, piles et cartouches d'imprimante jetées dans les endroits prévus à cet effet, don de vêtements à la Croix-Rouge ou aux "Moissons du coeur", dons aux associations Téléthon et Ela.

Qu'entendriez-vous si vous aviez le pouvoir de lire dans les pensées de votre patron? "Parfois j'ai envie de l'embrasser, parfois de lui foutre des baffes."

Votre talon d'Achille? mes grands-parents.

Avec quel super-héro auriez-vous aimé avoir une super-aventure? Aragorn.

A quelle époque auriez-vous aimé vous téléporter? A Venise, au 16ème siècle, à l'époque où les courtisanes étaient les reines de la haute société.

21.11.2007

Parce que je n'ai plus 15 ans

  

Là, vous allez penser que le titre inaugure ma crise de la trentaine, que je n'arrive pas à passer le cap, que depuis lundi j’avale ma tablette de prozac… Je vous rassure, pas du tout. Même si je ne suis pas une jeune fille femme (snif) rangée, je ne suis pas non plus une déséquilibrée.

Et pourtant.

Pourtant, hier soir, je serais bien revenue à mes quinze ans. Parce que hier soir, j’ai raté l’homme de ma vie.

Je commence ma narration.

Hier soir, c’était le remake des « Temps Modernes » dans mon bahut. Le travail à la chaîne, le taylorisme, Charlie Chaplin, tout ça, vous remettez ? C’est ce qui se passe tous les ans, à la même date (soit pile le jour, ou le lendemain, de mon anniv, au choix selon les années) : on rencontre, d’après un planning ultra-serré-ficelé par l’éducateur en chef, con comme la lune, (expression débile. Qui a dit que la lune était conne ?), qui appuie sur une sonnette toutes les 5 mn pour signifier le temps écoulé de conversation permise, on rencontre donc je disais : LES PARENTS.

Oui je sais, dit comme ça, ça fait peur. Si vous ne connaissez pas cette espèce en voie de développement massif, figurez-vous de curieux personnages vêtus comme pour aller lécher les brodequins du roi-Soleil, qui piétinent dans son antichambre (comprenez le couloir) jusqu’à ce qu’ils puissent s’asseoir en face de vous (comprenez coller le postérieur préparé à la glue pour demeurer sur la chaise le plus de temps possible et ainsi provoquer les hurlements bestiaux de ceux qui piétinent debout dans le couloir) et ouvrent la bouche en vous déversant tous les adjectifs mélioratifs de la langue française pour décrire leur progéniture. Là, vous avez devant vous une espèce redoutée et redoutable. Qu’il faut décoller de la chaise à force de salamalecs et de serrages de mains moites pour parvenir à respecter le timing de l’éducateur en chef.

Donc, au bout de deux heures quarante de rencontres toutes aussi sympathiques les unes que les autres, je vois s’asseoir en face de moi une mère ramollie à l’air désabusée, accompagnée de son fiston, un élève de ma classe de 3ème, à qui j’enseigne le latin. Romain. Vous me direz, avec un prénom pareil, c’était son destin, à Romain.

Ouais, sauf que Romain, c’est un rebelle. Romain, il porte des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle dans le dos. C’est pourquoi Romain, il a décidé que le latin, il s’en fichait aussi royalement que Louis XIV de ses courtisans, et de moi avec.

Romain, l’an dernier, il s’en fichait déjà, mais il tyrannisait une autre victime, qui s’est finalement résolue à l’ignorer complètement. Faute éminemment gravissime pour un enseignant. On ne DOIT pas ignorer un élève. Même s’il vous agace, même s’il vous pourrit la classe, même s’il vous tape. On lui parle, on le respecte, on lui tend l’autre joue pour que le blush ne soit pas que d’un côté. On continue à l’AIMER.

Romain a très mal vécu d’être ignoré. Romain, quand il a découvert cette année qu’une autre victime consentante allait poursuivre son éducation latine, il a décidé qu’elle aussi, elle allait souffrir. Alors, il lui a montré qu’il était nullissime en latin, que le latin, il s’en battait grave, que c’était pourave, parce que langue morte d’abord, et que donc rien à foutre. Tout ça avec le blouson en cuir noir et l’aigle dans le dos. Et le casque de moto à la place du Eastpak. Si vous ignorez ce qu’est un Eastpak, comprenez le Vanessa Bruno’s it-bag des collégiens.

Moi, sa supposée nouvelle victime, quand j’ai découvert le phénomène, j’ai eu peur, j’ai flairé les emmerdes. J’ai pressenti la guerre sous-jacente. Parce que forcément, un blouson noir qu’on refuse d’enlever et un casque de moto tenu négligemment pendant toute une heure de cours, ça sent les emmerdes.

Ouais, sauf que Romain, il savait pas que j’étais une rebelle aussi, moi. Même si je flippe un peu en dedans. Et qu’on se débarrasse pas de moi d’un claquement de doigts gantés de mitaines cloutées en cuir noir. Donc, j’ai pas fait ma chieuse, j’ai toléré le casque de moto sur la table à la place de la trousse. Et j’ai imposé le manuel d’histoire latine. Parce que donnant, donnant.

Romain, il a aimé le deal. Il a dit : "j’aime ton deal". Oui, TON. J’ai toléré. J’ai dit : "de rien, merci."

Le lendemain, le rebelle est revenu tout seul au vous. C’est beau de mater un rebelle non ? Non, je me vante.

Romain a eu besoin de plusieurs autres démonstrations de mon irréductibilité pour être maté : l’assurer que le cours ne peut pas commencer avant qu’il soit là, ce qui a progressivement réduit le temps de retard de moitié, le prier cent fois de lire à voix haute un texte en latin et l'avoir à l'usure, et rester de marbre à l’écoute de son affreuse prononciation, et réprimander sévèrement les moqueurs au passage, lui prêter mon propre stylo pour qu’il daigne noter un quart de la leçon et ne pas m’attarder sur son absence totale de matériel… bref être un ange de patience à chaque provocation, pour gagner mon auréole et sa confiance.

Et un jour, Romain a posé son casque par terre, un jour il a eu son propre stylo, un jour, il a même esquissé un sourire quand je l’ai prié de lire. Un sourire en deux mois. Autant dire Austerlitz. Ce jour-là, j’ai découvert que Romain, il avait les yeux de Daniel Craig et qu’il était blond comme Robert Redford dans « Out of Africa ». Ouais, rien que ça. Autant vous dire que je n’ai pas écouté un mot de ce qu’il a lu. (Si un inspecteur tombe sur mon blog, je suis radiée.)      

Hier soir, quand Romain s’est assis en face de moi avec Madame-sa-mère ramollie à l’air désabusé, j’ai dit poliment : « Vous n’avez pas de rendez-vous avec moi sur mon planning. »

Madame-sa-mère, elle a dit : « je saaaaaais. » (Avec l’accent de Jean Yanne quand il passe le permis de conduire.)

Romain, il avait les yeux de Daniel Craig braqués sur moi.

Madame-sa-mère, elle a dit : « ça fait deux heures que j’entends que mon fils, il fout rien, qu’il bosse pas, qu’il se gâche tout seul la vie, qu’il fait chier son moooooonde. (toujours avec l’accent de Jean Yanne) Vous voulez que j’y fasse quoi moi ??? »

Moi j’ai dit, en commençant à me tortiller un peu sur ma chaise : « je l’ignore madame, peut-être le forcer à se mettre un peu au travail… le surveiller un peu plus… l’aider un… tout… petit… peu… » (Là vous baissez le ton jusqu’à ce qu’il soit presque inaudible sur les dernières syllabes)

Madame-sa-mère, elle a répondu : « parce que vous croyez que j’ai le temps, moi, de m’en occuper de mon-bon-à-rien-de-fils-ka-jamais-rien-foutu-à-l’école ??? »

Romain, il avait toujours les yeux de Daniel Craig braqués sur moi.

Moi j’ai répondu : « je me doute, madame, que ce ne doit pas être facile tous les jours, surtout à cet âge et blabla et blabla… mais… après tout… on…n’avait…pas…rendez-vous… »

Madame-sa-mère, elle a dit : « je saaaaaais. » (Toujours avec l’accent de Jean Yanne, mais très amplifié.)

Là, j’ai un peu sursauté. Et j’aurais préféré que Romain ne voit pas mon léger sursaut.

Madame-sa-mère, elle a dit : « i-voulait-kjvienne-vous-voir-chais-pas-pourquoi-dfaçon-i-fout-rien-non-plus-en-latin-pas-vrai ?! »

Madame-sa-mère, elle s’est tournée vers son fils et elle a répété : « pas vrai toi ? jtecose ! »

Là, Romain, il a fait un truc bizarre. Il a gardé les yeux de Daniel Craig braqués sur moi et il a dit, en bon français, sans aucune faute de syntaxe ni aucune intonation de rebelle dans la voix : « l’an dernier, je n’aimais pas le latin, cette année je trouve que c’est intéressant parce que j’ai compris que c’est l’origine du français et que ça fait partie de la culture générale. »

Là, Madame-sa-mère, elle a pas répondu. Elle a tourné sa tête chapeauté et a regardé son fils comme si Drago Malefoy s’était changé en Neville Londubat. Moi j’ai pas répondu non plus.

Je commençais à souhaiter fortement que Daniel Craig fixe tout autre chose dans la salle.

Alors, Madame-sa-mère, elle a sorti un kleenex de son manteau et elle a mouché son nez. Mais pas par émotion. Après, elle a braillé : « passke-tu-sé-ske-cé-toi-la-culture-générale ?! Tu l’as appris pour l’occasion le mot ??? »

Horrifiée j’étais.

Mais Romain, il a fait un autre truc bizarre. D’abord, j’ai cru qu’il avait mis des boules Quiès dans ses oreilles de Robert Redford, parce qu’il n’entendait rien des horreurs de Madame-sa-mère. Puis j’ai compris qu’il avait l’habitude de faire comme s’il n’entendait rien, mais qu’en fait il entendait, et que ça devait être dur, quand même, sa vie. Puis, Romain, il a sorti de son blouson en cuir noir un truc rose en papier crépon et l’a posé sur la table, devant moi. J’ai regardé le truc et j’ai vu que c’était une fleur.

Et il a dit : « je fais du cirque. »

Bon. D’accord. Je ne savais pas, mais j’avais envie de lui dire que c’était très bien comme activité, que c’était formidable qu’il s’intéresse à quelque chose… Sauf que j’ai rien dit, parce que Romain, il avait un air si grave et concentré qu’il me faisait un peu flipper.

Puis, il a dit : « c’est pour ça qu’on dit que je suis bête. Parce que je m’intéresse qu’au cirque. Au cirque, on nous apprend aussi à fabriquer des choses avec les mains. J’ai fait cette fleur en papier. Elle est pour vous. Et aussi je voulais vous dire : je vais essayer de travailler mieux, en latin, et d’être à l’heure en cours. »

Pas un seul mâle ne m’a jamais offert de fleur rose en papier crépon fait main. Encore moins devant sa propre mère.

Là, j’ai pris ma fleur, j’ai dit « merci ». C’est tout. Un piteux « merci ». Romain, il a dégainé son sourire de Robert Redford. Apparemment, le « merci » lui a suffi.

Madame-sa-mère, elle a levé son postérieur englué de la chaise en soupirant des naseaux. Elle a dit : « n’importe quoi ! ».

Elle m’a peut-être tendu la main en partant, je me souviens pas. Je me souviens pas tellement non plus des cinquante autres parents que j’ai vus après. En revanche, je me dit que si j’avais encore 15 ans, j’aurais bien envie d’un blouson en cuir noir moi aussi.